Si Noël se définit généralement comme la fête chrétienne qui marque la naissance de Jésus, l'origine de la période des fêtes de Noël, elle, est incertaine et elle a des échos païens ambigus. Le mot anglais, Christmas, est dérivé du vieil anglais, Cristes mæsse, la « messe du Christ ». Le mot français, Noël, est quant à lui dérivé du latin, Dies Natalis, le « jour de la naissance ».

Pourquoi fête-t-on Noël le 25 décembre?

Peu importe l'origine de la fête célébrée le 25 décembre, elle ne marque assurément pas le jour de naissance exact de Jésus. Cette date n'est pas connue. Par conséquent, alors que Noël est le jour où on célèbre la naissance de Jésus, le jour qui a été choisi pour commémorer cette naissance semble être davantage associé aux nombreuses fêtes qui marquent le solstice d'hiver qui, pour la plupart d'entre elles, remontent à l'époque des Romains ou des Celtes, antérieure à la naissance de Jésus. Quoiqu'on ne puisse pas affirmer que ces fêtes constituent véritablement l'origine de la fête de Noël, elles ont tout de même laissé des traces, non seulement en termes de la période de l'année à laquelle elles sont célébrées, mais aussi en termes des symboles et des traditions qui les accompagnent.

Bien sûr, les festivités rattachées au solstice d'hiver marquent le renouveau et le retour de la lumière, parfaits compliments à la naissance de Jésus qui, selon la foi chrétienne, apporta la lumière dans le monde pour chasser la noirceur des péchés et faire rayonner l'amour de Dieu. Dans l'hémisphère Nord, le solstice a lieu partout à la même période de l'année, entre le 20 et le 23 décembre, selon le calendrier grégorien, mais en raison des fuseaux horaires, il a lieu le 21 décembre dans l'ouest du Canada et le 22, dans l'est du Canada.

Les origines païennes de Noël

Les fêtes du solstice qui marquent le moment de l'année où le Soleil est à son plus bas, le jour le plus court de l'année, le jour à partir duquel les jours commencent à s'allonger et où réapparaissent les promesses de lumière et de chaleur, ont probablement lieu depuis des milliers d'années dans nos climats septentrionaux où les hivers sont plus rigoureux.

L'une de ces fêtes, la fête solaire romaine, Natalis Invicti, célébrée le 25 décembre, est peut-être la fête qui peut revendiquer d'être à l'origine de la date à laquelle nous fêtons Noël, à la fin du mois de décembre. Ce culte du soleil connut son apogée sous le règne de l'empereur Aurélien (270-275). Plus tard, des chrétiens comme Chrysostome au IVe siècle, firent le rapprochement entre cette fête romaine et la naissance de Jésus : « s'ils disent que c'est le jour de naissance du soleil, alors Il est le soleil de la justice. »

Par ailleurs, à l'époque romaine, Saturne, le dieu des semailles, faisait l'objet d'une fête. Les Saturnales étaient officiellement fêtées le 17 décembre et à l'époque de Cicéron, elles duraient sept jours, du 17 au 23 décembre. Dans le calendrier romain, les Saturnales étaient un jour saint au cours duquel de nombreux rituels religieux étaient organisés. Elles constituaient également la fête la plus populaire de l'année romaine, l'occasion de rendre visite à ses amis, de boire, d'offrir des cadeaux ? surtout des bougies ?, peut-être pour traduire le retour de la lumière après le solstice. Les Saturnales continuèrent d'être fêtées à l'ère chrétienne et c'est au milieu du IVe siècle après J.-C. qu'elles furent intégrées à la fête de Noël.

En Amérique du Nord, quelques peuples des Premières nations organisaient aussi des cérémonies et des fêtes pour marquer un temps de régénération et d'introspection. Certains, les Iroquois notamment, organisaient, à la moitié de l'hiver, des fêtes qui duraient une semaine. La date de cette semaine de célébration était déterminée par la lune et les étoiles. Cette fête finit par être associée au solstice d'hiver. Parmi les coutumes associées à cette fête, il y a les rites de guérison, les offrandes de tabac, les prières, les danses et les chants de cérémonie; certaines de ces coutumes ont encore cours aujourd'hui.

Les premières dates chrétiennes de Noël

Les premières traces de la célébration de la naissance de Jésus se retrouvent à Alexandrie, en Égypte. Plusieurs théologiens, notamment Clément d'Alexandrie (vers 200 après J.-C.) ont essayé de déterminer avec exactitude le jour de la naissance de Jésus. La date reste encore à déterminer, mais Clément note que l'Épiphanie et la Nativité étaient fêtées soit le 10 soit le 6 janvier, indiquant ainsi qu'on avait atteint un certain consensus. Entre 427 et 433, les commémorations devinrent populaires en Égypte. À la fin du IVe siècle, Épiphane de Chypre affirme que Jésus est né le 6 janvier et qu'il fut baptisé le 8 novembre.

À Jérusalem, au quatrième siècle, la Naissance et le Baptême faisaient l'objet d'une même célébration. On a retrouvé des traces d'une lettre écrite par Cyril de Jérusalem (348-386) au pape Jules (337-352), dans laquelle il déclare que son clergé ne peut pas, en cette seule journée, faire une double procession, l'une à Bethléem et l'autre sur les rives du Jourdain. Il demande au pape d'attribuer la vraie date à la nativité conformément aux documents de recensement apportés par Titus à Rome. Le pape Jules décida donc que le 25 décembre serait la fête de la Nativité. Le pape Jules mourut en 352 et en 385, Cyril n'avait toujours pas apporté de modification aux célébrations qu'il dirigeait.

De ce fait, il y eut des précédents quand le pape Liberus (qui fut pape de 353 à 356) prêcha un sermon à Saint-Pierre, instituant que la fête de la Nativité aurait lieu en décembre. À la fin du IVe siècle, la fête était bel et bien entrée dans les mœurs et tous les calendriers occidentaux indiquèrent que le 25 décembre était la fête de la Nativité. La nouvelle date n'arriva aux oreilles de Constantinople qu'en 379. Dans l'église occidentale, l'Épiphanie célèbre habituellement l'époque où les Rois Mages allèrent porter leurs présents à l'enfant Jésus (Matthieu 2:1-12). L'Épiphanie qui marque le douzième jour après la naissance de Jésus est habituellement célébrée le 6 janvier, le 5 janvier marquant ainsi l'observance du Douzième jour. Puisque les traditions orthodoxes de rite oriental s'appuient sur un calendrier religieux différent, les chrétiens orthodoxes fêtent Noël le 7 janvier et observent l'Épiphanie ou la Théophanie le 19 janvier.

Le second concile de Tours proclama en 566 ou 567 le caractère sacré des « douze jours » qui vont de Noël à l'Épiphanie et la nécessité de jeûner certains jours de l'avent (période qui commence le dimanche qui se rapproche le plus de la fête de Saint-André, le 30 novembre, et qui comprend quatre dimanches) pour préparer la célébration de la fête de Jésus. Il était interdit de jeûner le jour de Noël et il arriva que les réjouissances populaires prissent tellement le pas sur les aspects religieux de la célébration que « les lois du roi Canut » ordonnèrent le jeûne de Noël à l'Épiphanie.